Rencontre avec Alexandra Dinca, une photographe entre documentaire et élégance éditoriale
Capturer un mariage avec sincérité : la vision sensible d’Alexandra Dinca entre Lyon, l’Italie et les destinations d’exception
À travers cette rencontre, Jules & Moi met en lumière Alexandra Dinca, une photographe de mariage dont l’approche mêle regard documentaire, sensibilité éditoriale et élégance intemporelle. Basée entre Lyon et la région Auvergne-Rhône-Alpes, elle accompagne depuis plus de 17 ans des couples en quête d’images sincères, naturelles et profondément incarnées.
Issue d’un parcours en journalisme et en anthropologie, elle développe une photographie attentive aux gestes, aux silences et aux émotions discrètes qui composent la vérité d’un mariage. Ici, la mise en scène laisse place à l’observation, à la lumière naturelle et à une narration fluide où chaque image raconte autant un instant qu’une atmosphère. Son univers, à la frontière du reportage et de l’éditorial, séduit des couples français et internationaux célébrant leur union aussi bien dans les domaines autour de Lyon que dans les châteaux de Provence, les paysages alpins ou les destinations italiennes.
Dans cet entretien, Alexandra Dinca revient sur sa manière de travailler, son rapport aux lieux, la gestion des imprévus et l’importance de la préparation en amont pour créer des images à la fois spontanées, élégantes et durables.
Retrouvez son univers sur son site officiel ainsi que sur Instagram.
Comment décririez-vous votre approche du reportage de mariage et votre signature photographique ?
Avant de faire de la photo de mariage j’ai fait des études en journalisme et un master en anthropologie et je continue de travailler sur des reportages dans la presse écrite et dans des projets culturels. Du coup, je suis formée à travailler dans une logique d'attention plutôt que de mise en scène : je m'attache aux gestes, aux regards, par exemple aux moments de calme entre deux temps officiels du mariage. Ma signature visuelle privilégie la lumière naturelle, des compositions épurées, et une retenue qui laisse à l'image le soin de raconter d'elle-même. Mon univers se situe à la croisée du documentaire et de l'éditorial : je veux qu'on puisse revivre la journée en feuilletant les photos, mais aussi que certaines images tiennent debout comme une page de magazine. Les retours que les clients me font après le mariage contiennent souvent les mots “discrète”, “sensible”, “gentille" et "drôle"
Depuis combien de temps travaillez-vous sur des mariages à Lyon et en région Auvergne-Rhône-Alpes ?
Cela fait 17 ans que je suis photographe de mariage et 8 ans que je photographie des mariages en région Auvergne-Rhône-Alpes, sur des domaines, châteaux et lieux de réception autour de Lyon mais pas que. Plus largement, je travaille sur la France entière (Bourgogne, Provence, Savoie) et en Italie et Suisse pour des couples français qui choisissent l'étranger ou pour une clientèle internationale qui se marie en France ou en Italie. Ce double ancrage, local et destination, me permet d'aborder un mariage lyonnais avec la même rigueur de préparation et le même soin éditorial que j'apporterais à un mariage en Toscane ou dans le Luberon.
Quels types de couples ou d'univers vous attirent le plus dans votre travail ?
Les couples qui me parlent le plus sont ceux qui cherchent une célébration personnelle plus qu'un mariage "parfait au sens convenu”, des amoureux qui ont une histoire, un style, des envies parfois très “hors cadre" et qui veulent que leur jour J leur ressemble. Cela donne souvent des mariages élégants, détendus et originaux, où l'art de recevoir compte autant que la scénographie. Côté univers, je suis particulièrement à l'aise sur les mariages en château et sur les célébrations destinations, typiquement les couples français ou les couples internationaux qui choisissent un lieu de caractère pour, justement, bien profiter du savoir faire et savoir vivre à la française. Le fait d'être bilingue français/anglais joue beaucoup dans cette clientèle : pouvoir échanger sans filtre avec les deux familles, fluidifier les imprévus le jour J avec les prestataires locaux, c'est un confort qui se voit dans les images.
Comment vous adaptez-vous aux différents lieux de réception autour de Lyon (urbain, domaines, montagne, etc.) ?
Disons que chaque contexte impose ses propres règles de lumière et de circulation, et j'aime cette gymnastique. En milieu urbain, ça devient presque de la street photo, mais j'essaye quand même de garder un style élégant et intemporel, malgré les distractions et le bruit visuel. Sur les domaines en périphérie, l'espace devient un allié : les couples sont plus libres dans leurs déplacements, ils ont moins de regards sur eux et le résultat se voit dans les photos. En montagne, c'est presque un autre métier, la lumière change vite, le climat peut imposer un plan B, et l'enjeu devient celui de l'intégration au paysage sans tomber dans la carte postale. À chaque fois, je fais un repérage en amont (sur place ou via le wedding planner) pour anticiper les moments-clés du jour, trouver la lumière idéale, et préparer mes plans B.
Travaillez-vous seule ou en équipe le jour du mariage, et comment gérez-vous les imprévus ?
Pour la plupart des mariages je travaille seule. Pour les mariages plus complexes — gros effectifs, plusieurs lieux, dimension internationale, ou format documentaire renforcé, je propose une formule à deux ou plusieurs photographes, soit des collègues, soit des assistants que j’ai formé moi même et qui savent exactement ce que j'attends d’eux. Côté gestion des imprévus, mon expérience m'a appris à anticiper plutôt qu'à improviser : repérage soigné, planning précis, communication continue avec le planner et les autres prestataires. Quand l'imprévu arrive malgré tout et la dynamique change, je m'appuie sur le calme et sur mon expérience : il y a presque toujours un autre moment plus tard pour capter ce qu'on n'a pas pu saisir au moment prévu et ça finit toujours par bien se passer. Par exemple l’an dernier, suite à un orage, le château est resté sans électricité et le générateur n’a pas pris le relais. Malgré le stress, le repas et les discours à la lumière des bougies fut un réel succès avec une ambiance hors du temps.
Comment organisez-vous la préparation en amont avec les mariés (repérage, moodboard, planning) ?
Je travaille la préparation en plusieurs étapes. D'abord une rencontre — en visio ou en présentiel — où je comprends vraiment le projet : leur histoire, leurs envies, leurs "non-négociables", et la part qu'ils veulent donner à la photo dans leur journée. Ensuite, un moodboard partagé qui me permet de caler notre langage visuel commun et leurs attentes. Pour les mariages dans des lieux que je ne connais pas — particulièrement à l'étranger ou sur des domaines confidentiels — je fais un repérage physique quand c'est possible, sinon un repérage approfondi avec le wedding planner pour identifier les passages-clés, les axes de lumière, et les points logistiques sensibles. Enfin, un planning détaillé partagé avec le planner et les autres prestataires : c'est l'outil qui garantit que tout le monde avance dans le même rythme le jour J, sans que personne ne perde le fil.